L’enquête sur le double meurtre de Louga (nord-ouest), survenu le 30 mars dernier, est en suspens. Le principal suspect, S. B. Ságna, étudiant à l’Université Alioune Diop de Bambey, est actuellement interné à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye (Dakar), où il est placé sous haute surveillance.

Son état de santé mental, jugé « stable », reste au cœur des investigations.

Selon L’Observateur, son interrogatoire par la gendarmerie dépend entièrement de l’avis de son médecin-traitant.

« Tout dépendra du médecin, qui peut le juger apte à répondre aux questions. À défaut, les enquêteurs devront patienter », confie une source proche du dossier au journal L’Observateur.

D’après les premiers éléments de l’enquête de la police, S. B. Ságna aurait violemment attaqué deux véhicules à coups de briques, causant la mort de Sokhna Keïta Sylla, assistante au rectorat de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, qui se rendait à Kaolack et d’Ousmane Ndao, ingénieur en génie civil, qui voyageait vers Dakar pour célébrer la Korité avec sa famille.

L’expertise psychiatrique sera déterminante pour la suite de la procédure.

Si elle établit que le suspect était en pleine possession de ses facultés mentales au moment des faits, il sera jugé pour homicide. En revanche, s’il est reconnu atteint de troubles altérant son discernement, il pourrait bénéficier de l’article 50 du Code pénal, qui décharge de responsabilité pénale les personnes souffrant de maladies mentales.

L’application de l’article 50 suscite des débats au Sénégal.

Faute de structures adaptées, de nombreux malades mentaux se retrouvent incarcérés. Plusieurs voix plaident pour la création d’un pavillon spécialisé à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, à l’instar du Pavillon spécial qui accueille les détenus souffrant de maladies physiques.

« Une telle division pourrait être réservée aux détenus malades mentaux, qui pourraient y recevoir des soins tout en purgeant leur peine, si le juge estime qu’ils ne peuvent pas bénéficier de l’article 50 », suggère Ansoumana Dione, président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance des malades mentaux (Assamm), cité par L’Observateur.

pressafrik

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