Le parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité (PASTEF) porte enfin le combat contre l’amnistie. Mais avant toute chose, les hommes de Ousmane Sonko veulent avoir des détails sur le contenu du projet de loi.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité chez les patriotes. La question de l’interprétation divise les membres de la société et de l’opposition.

Amadou Ba pastef pastef
Le député Amadou Ba

Alors que l’Assemblée nationale se prépare à examiner, ce mercredi 2 avril, le projet de loi portant interprétation de la loi d’amnistie, proposé par le député Amadou Ba de Pastef, plusieurs organisations de la société civile se sont réunies ce lundi pour faire entendre leur voix.

Elles appellent le gouvernement, les parlementaires et toutes les parties prenantes à engager un dialogue constructif et inclusif avant d’adopter cette loi cruciale.

Il s’agit du Cosce, Radio Oxy Jeunes, Y’en A Marre, Ajed, Afrikajom Centec, Cerag, Ligue Sénégalaise Des Droits Humains, Handicap Form Educ, Ong 3d, Afex, Legs-africa, Osidea, Raddho, Forum Du Justiciable, Gradec, Dialogue Citoyen, Reseau Sigguil Jigueen, Conasub, Ondh Et Présence Chrétienne.

La COSCE et ses alliés appellent à surseoir à l’examen du projet de loi interprétative de la loi d’amnistie jusqu’à ce que ces conditions soient remplies.

Ils insistent sur le respect du principe de la justice équitable et impartiale et soulignent que ce n’est qu’à travers un dialogue ouvert et transparent que le Sénégal pourra avancer vers une véritable réconciliation nationale.

Car ces organisations de la société civile estiment que la loi d’amnistie ne doit pas être interprétée de manière à instaurer une justice non-équitable.

Et qu’il est essentiel que toutes les parties prenantes soient impliquées dans ce débat, notamment les victimes, les experts juridiques et les représentants de la société civile.

Des membres de la société civile font barrage au projet de Amadou Ba

Du côté de l’opposition, d’autres voix aussi se lèvent contre la proposition du député Amadou Ba.

«Au lieu de se résoudre définitivement à réaliser la demande claire du Peuple sénégalais d’une abrogation totale de l’amnistie, Pastef continue dans la tromperie à travers la nouvelle mouture de sa proposition», a lancé Thierno Alassane Sall.

Qui, dans une déclaration sur les réseaux sociaux, a ajouté que cette proposition de loi dite «interprétative» ne fait que modifier le champ d’application du texte initial sans réellement le remettre en cause.

«Contrairement à ce qu’ils racontent dans les médias depuis deux jours, la nouvelle proposition de loi interprétative demeure dans le même esprit que l’ancienne : Pastef veut une abrogation partielle de la loi d’amnistie», martèle-t-il, accusant le parti au pouvoir de vouloir semer la confusion.

De son côté, l’APR fustige la volonté de la majorité parlementaire de ne pas abroger la loi, préférant proposer une « loi interprétative » qu’elle juge anticonstitutionnelle.

Selon le SEN, cette proposition de loi viserait à protéger les responsables du parti au pouvoir, qu’il accuse d’avoir été impliqués dans des « faits graves de violence entre 2021 et 2023 ». Les camarades de Macky Sall mettent en garde contre une tentative d’incrimination des Forces de défense et de sécurité (FDS).

L’APR estime que cette loi chercherait à « jeter le discrédit » sur les policiers, gendarmes et militaires ayant empêché ce qu’elle qualifie de « projet insurrectionnel du Pastef ».

Mais force est de constater que beaucoup ne parlent pas le même langage dans cette affaire.

Du côté de la société civile, certains soutiennent la démarche de l’État. «Nous saluons la décision de l’Etat de mettre en œuvre les propositions du comité chargé de statuer sur l’assistance aux victimes des violences politiques que le pays a connues entre mars 2021 et février 2024, sur la base des ressources disponibles.

Nous continuerons à travailler avec l’Etat, qui s’est engagé à lutter contre l’impunité, pour que justice soit rendue aux victimes», avait réagi Seydi Gassama.

Cette loi de amadou ba ne fait unanimité. Reste maintenant à savoir si Pastef va donner au parlementaire ce qu’il veut. Mais avec leur majorité mécanique, beaucoup pensent que l’affaire est déjà pliée pour le régime.

xibaaru

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